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Les cadres de l'automobile roulent pour les autres secteurs
publié le : 23/11/2009
La crise a durement touché la construction automobile, par ailleurs en pleine transformation. Heureusement, les acheteurs et les ingénieurs du secteur sont particulièrement recherchés dans les autres industries.
Mauvaise conjoncture. 2009 a été une " annus horribilis " pour le
secteur automobile,
touché par des plans sociaux et des mesures de chômage partiel à
répétition. Quelque 34 000 emplois ont ainsi été détruits dans la
filière depuis le début de l’année, selon une étude publiée en septembre
2009 par l’Observatoire de l’investissement, dépendant du cabinet
Trendeo. " Les entreprises ont stoppé net leurs recrutements en octobre
2008, et une longue période de calme plat a suivi, raconte Christophe
Muyllaert, directeur du pôle " Automobile " chez Mercuri Urval. Même si
nous sentons un léger frémissement depuis cet été, ce secteur traverse
une crise structurelle, et tenter sa chance dans d’autres secteurs pour
les cadres n’est pas une mauvaise idée. "
Transport
et défense. Avant d’envisager de changer définitivement de
branche, les ingénieurs de l’automobile peuvent toujours taper à la
porte des entreprises de transport. " Nous apprécions ces profils et
nous en recrutons pour nos centres de maintenance du matériel roulant ",
explique Isabelle Lachuer, responsable du développement des compétences
de l’encadrement à la RATP. Le secteur de la défense représente une
autre alternative. Le constructeur de véhicules blindés Panhard embauche
ainsi des profils auto.
Energie et aéronautique.
D’une manière générale, leur maîtrise des process de production,
notamment de la " méthode Kaizen " (principe d’amélioration continue) et
du " lean manufacturing " (système d’élimination de toute forme de
gaspillage), font des ingénieurs de l’automobile des recrues
intéressantes pour l’industrie aéronautique, ferroviaire ou encore
énergétique. " Les ingénieurs en gestion de projets sont ceux qui ont le
champ de possibilités le plus large, précise Thierry Despeysse, chargé
de la mobilité interne à la société d’ingénierie Assystem. Les
ingénieurs en exploitation maintenance, également très demandés, ont
beaucoup d’opportunités dans l’énergie, le nucléaire, le traitement de
l’eau ou des déchets. "
Industries du bâtiment.
" Les ingénieurs de l’automobile sont également très bien accueillis
dans les industries liées au bâtiment, ravies de faire venir ces
nouvelles compétences ", souligne, pour sa part, Christophe Muyllaert,
de Mercuri Urval. Les entreprises de conception de matériaux de
construction, comme le verrier Saint-Gobain ou le fabricant de briques
et de tuiles Terreal, apprécient chez ce type d’ingénieurs leur aptitude
au management par projet et leur capacité à gérer au plus juste des
budgets importants.
Des acheteurs très prisés.
Les acheteurs du secteur automobile ont également la cote auprès des
recruteurs, de l’aéronautique à la pharmacie, en passant par
l’agroalimentaire. Et pour cause : ils sont considérés comme des pros de
la réduction des coûts, de la relation clients-fournisseur et des
négociations internationales. " Les entreprises de l’énergie recourent
volontiers à ces profils ", observe Catherine Dervaux, directrice de
Menway Paris, spécialisée dans le recrutement d’experts dans l’énergie.
Des
commerciaux bien lotis. A noter : le sort des commerciaux de
l’automobile apparaît moins sombre. " Les mesures de soutien mises en
place par les pouvoirs publics, comme la prime à la casse, ont porté
leurs fruits, et le marché se maintient ", note Christophe Muyllaert. En
outre, les grands réseaux de concessionnaires indépendants, comme PGA
Motors ou Shuller, étant confrontés à une vague massive de départs en
retraite, ils vont avoir de plus en plus besoin de commerciaux capables
de gérer un centre de profit.

